Au sujet de Tyaf ‘’Papa Yazir’’ : La marque d’un Rap à...

Au sujet de Tyaf ‘’Papa Yazir’’ : La marque d’un Rap à coloration humoristique

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(La conscience et le délire des jeunes chantés avec souplesse)
Dans l’arène du rap-game béninois le jeune artiste Tyaf ‘’Papa yazir’’ retient l’attention de plus d’un par sa flexibilité dans le style,aussi bien vestimentaire qu’artistique. Il est passé à la loupe.

Des messages poignants qui touchent la conscience collective, de l’humour à fleur de peau et un style délibérément banal. Ils viennent de Tyaf ‘’Papa Yasir’’.  Un rappeur dans la fleur de l’âge qui tient aujourd’hui en haleine les mélomanes béninois par ses textes. En tout cas pour ceux qui l’écoutent d’une oreille musicale.  Voilà un rappeur qui, dans un style vestimentaire modeste, dévoile des réalités à peine prises au sérieux par l’opinion public. Il n’a certainement pas encore le calibre des éléments du Cotonou City Crew (CCC), ni la gabarie de ceux du groupe  Ardiess, mais, pour avoir fait l’option de consacrer son art à chanter le contexte, cela fait de  lui un rappeur qui connaitra une ascension rapide, si on peut se permettre de prophétiser. Dans son titre ‘’Tchicoyi’’ le jeune rappeur dénonce de manière courtoise et avec rigorisme très plaisant les apprenants fantômes qui sont réputés dans la pagaille en classe. Et ce texte, pour aller plus loin, retient l’attention de l’opinion sur  la question de l’aspect genre que l’artiste y a traité. Le jeune rappeur  met un accent sur le devenir des jeunes filles qui ne prennent pas au sérieux leur étude. Il a surtout évoqué les cas des grossesses précoces qui sont une réalité désormais récurrente dans les lycées et collèges. De plus, l’extraversion culturelle a été également exposée  à travers l’image illustrative de cet élève ‘’Awé gankpo le doublant’’ qui frime avec les articles importés tels que les portable, les chaussures de marque Jordan, des coiffures qui n’ont rien à voir avec la culture de son pays et bien d’autres. Par ailleurs dans ‘’Ounfo Djantchimin’’, c’est la conscience des électeurs béninois et le contexte électoral qui est mise à découvert.

Et comme tout autre rappeur…

Tyaf ‘’Papa yazir’’ chante aussi le délire. Et donc un accros de l’égo-tripe, ce style de rap qui a pour vecteur de dénoncer et de se vanter dans un style peu recommandé. Sur cet aspect le titre ‘’Zomin ‘’ de l’artiste retrace bien un phénomène qui court les rues actuellement dans le rang des jeunes. Le fait de prévoir faire des choses dont on n’a pas les moyens. L’expression d’une audace insolente. La petite histoire de ce morceau présente un jeune homme qui a planifié d’aller en boîte avec des amis mais qui avait une bourse défectueuse. Et puisque la bière coute chère dans ces endroits, il décide de s’enivrer à la boisson local (Sodabi) avant d’y aller. Ainsi il pourra rester dans le mouvement et faire comme ses autres camarades qui, eux,  ont les moyens de se payer les boissons de qualité. Par-là, l’artiste fustige indirectement trois   faits : l’ambition démesurée, le suivisme et l’alcoolisme qui sont incontestablement des fléaux qui entrainent la jeunesse à sa perte. Parallèlement, le jeune rappeur dans son titre ‘’Awé Gankpo’’ critique à sa manière le phénomène de cybercriminalité, d’activisme sexuel auquel se livre la jeunesse. Aussi montre-t-il le schéma d’une jeunesse en perte de vitesse pour ce qui concerne la relève de demain. Bref, il faut l’écouter avec discernement pour mieux le saisir. Tyaf ‘’Papa yazir’’au-delà de sa force dans le texte, n’aura qu’à faire l’effort de composer lui-même ses propres hits puis mieux peaufiner son arrangement et les images de ses clips vidéo et le créateur de l’œuvre de l’esprit sera accompli aux yeux des avertis. Et l’artiste fera école.

Teddy GANDIGBE            


Matin Libre

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